OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 Recherche sérendipité désespérement [3/3] http://owni.fr/2011/08/15/recherche-serendipite-desesperement-urbanisme/ http://owni.fr/2011/08/15/recherche-serendipite-desesperement-urbanisme/#comments Mon, 15 Aug 2011 08:35:28 +0000 Ethan Zuckerman http://owni.fr/?p=76265 Suite et fin de l’article d’Ethan Zuckerman autour du concept de sérendipité, qui peut être définie comme la capacité à découvrir des choses par hasard. Après s’être attardé dans la première partie sur les liens entre urbanité et sérendipité, et avoir analysé dans la seconde partie la manière dont nous cherchons l’information en ligne, l’auteur explore ici les diverses façons de découvrir une ville en valorisant la sérendipité et s’interroge sur comment s’en inspirer sur le Web.

Les liens de cet article sont en anglais.


L’urbanisme au service de la sérendipité

Si nous voulons créer des espaces en ligne qui encouragent la sérendipité, nous devons commencer par nous inspirer des villes. Au début des années 1960, une bataille virulente a éclaté au sujet du futur de New York City. À l’origine le débat s’est concentré sur le Lower Manhattan Expressway, un projet d’autoroute suspendue à dix voies qui aurait connecté le Holland Tunnel aux ponts de Manhattan et de Williamsburg . Les plans de l’autoroute prévoyaient la démolition de 14 blocks le long de Broome Street dans Little Italy et Soho, délogeant à peu près 2 000 familles et 800 commerces.

Le principal avocat du projet était Robert Moses, urbaniste à l’influence légendaire à l’origine d’une grande partie du système autoroutier new-yorkais. En face, son adversaire la plus virulente Jane Jacobs était une activiste, auteure et, en 1962, la présidente du « Joint Committee to Stop the Lower Manhattan Expressway » . Broome Street doit sa survie à Jacobs. Mais de son travail contre Moses est aussi né un chef-d’oeuvre : The Death and Life of Great American Cities , à la fois une critique de la planification urbaine rationaliste et un manifeste pour la préservation et la conception de communautés urbaines vivantes.

Dans ses critiques de la planification urbaine, Jacobs se demande pour qui, des gens ou des automobiles, la ville doit être conçue. Elle pointe du doigt l’indifférence de Moses envers les individus qu’il souhaitait déplacer. Un cadre d’analyse moins biaisé serait de considérer que Moses avait adopté un point de vue global et aérien de la planification urbaine, alors que celui de Jacobs se plaçait au niveau des piétons et de la rue. Pour Moses, l’un des défis importants de la ville est de permettre aux habitants de se déplacer rapidement de leur domicile de banlieue jusqu’au quartier d’affaires du centre ville, puis de nouveau vers l’extérieur et le « collier » de parcs qu’il avait laborieusement fait construire dans les quartiers excentrés.

Le principe de la séparation des tâches – avec des quartiers résidentiels séparés des quartiers d’affaires, eux-mêmes séparés des zones de loisirs – était un élément majeur de la critique de Jacobs. Ce sont les rencontres hasardeuses que l’on fait dans la rue, et qu’a observées Jacobs à Greenwich Village, qui rendent une ville vivable, créative, vivante et finalement sûre. Dans les quartiers aux blocks peu étendus, où les piétons sont les bienvenus et où l’on trouve un mélange d’éléments résidentiels, commerciaux ou récréatifs, on retrouve une vitalité largement absente des quartiers exclusivement résidentiels ou des centres d’affaires qui se vident une fois les bureaux fermés. Cette vitalité vient de la possibilité pour des individus utilisant le quartier pour différentes raisons de se rencontrer par hasard.

La vision de Jacobs de ce qu’est une ville vivable a été très influente sur l’urbanisme depuis le début des années 1980, avec la montée du « New Urbanism » et le mouvement des villes pensées pour les piétons. Ces villes – et Vancouver où se déroule notre conférence en est un très bon exemple – ont tendance à favoriser les transports en commun plutôt que les voitures et créent des espaces qui encouragent les gens à se mélanger et à interagir, dans des quartiers multi-usages et des rues commerçantes adaptées aux piétons. Comme l’explique l’urbaniste David Walters, ces villes sont étudiées pour faciliter les rencontres et les mélanges entre les individus :

Les rencontres fortuites dans les espaces partagés sont le cœur de la vie en communauté, et si les espaces urbains sont mal conçus, les gens les traverseront aussi vite que possible.

S’il y a bien un principe général dans la conception des rues, c’est d’organiser l’espace pour minimiser l’isolation. Les villes pensées pour les piétons font qu’il est plus difficile de s’isoler dans sa maison ou dans sa voiture, et plus facile d’interagir dans les espaces publics. Ce procédé demande de faire un compromis – pouvoir garer sa voiture devant chez soi est pratique, mais les villes pensées pour les piétons nous recommandent d’être méfiants devant trop de commodité. Les quartiers célébrés par Jacobs ne sont certainement pas les plus efficaces lorsqu’il s’agit de se déplacer rapidement et de manière autonome. La vitalité et l’efficacité ne sont peut-être pas diamétralement opposées mais des tensions peuvent apparaître entre ces deux forces.

Les décisions politiques derrière les réseaux sociaux

Les villes incarnent les décisions politiques prises par ceux qui les ont conçues. C’est aussi le cas des espaces en ligne. Mais les urbanistes ont tendance à afficher leurs intentions avec plus de transparence. Ils déclareront leur volonté de créer une ville pensée pour les piétons parce qu’ils estiment qu’une utilisation accrue de l’espace public améliore le civisme.

Et, dans le meilleur des cas, les urbanistes font des essais pour voir ce qui fonctionne et font part des échecs quand ils surviennent – par exemple, l’utilisation obstinée de la voiture dans des villes qui ont été pensées pour les piétons. Il est bien plus difficile de demander aux architectes à l’origine de Facebook ou Foursquare d’expliquer les attitudes qu’ils essaient de favoriser et les croyances politiques qui sous-tendent leurs décisions.

Je pense que beaucoup de ceux qui conçoivent des espaces en ligne essaient d’augmenter l’exposition à plusieurs niveaux d’informations et de cultiver la sérendipité. Mais je m’inquiète aussi de la difficulté à accomplir cela. Un urbaniste qui veut modifier une structure est contraint par une matrice de forces : un désir de préserver l’histoire, les besoins et les intérêts des commerces et des résidents des communautés existantes, les coûts associés à l’exécution de nouveaux projets. Le progrès est lent, et en résulte une riche histoire des villes que nous pouvons étudier pour voir comment les citoyens, les architectes et les urbanistes précédents ont résolu certains problèmes.
Nous pouvons imaginer le futur de Lagos en parcourant les rues de Boston ou de Rome.

Pour ceux qui planifient le futur de Facebook, il est difficile d’étudier ce qui a été un succès ou un échec pour MySpace, en partie parce que l’exode de ses utilisateurs vers Facebook transforme peu à peu le site en ville fantôme. Il est encore plus compliqué d’étudier des communautés plus anciennes comme LambdaMOO ou Usenet, qui date du début des années 1980. Je suis souvent nostalgique de Tripod, le réseau social que j’avais aidé à construire à la fin des années 1990.

L’admirable site Internet Archive comprend plusieurs douzaines de clichés des pages du site entre les années 1997 et 2000. Ils offrent un aperçu de l’évolution de l’allure du site, mais ne donnent pas d’idée du contenu créé par les 18 millions d’utilisateurs en 1998. Geocities, concurrent plus à succès de Tripod, a entièrement disparu du Web en 2010 – son héritage représente moins de 23 000 pages conservées et accessibles par la Wayback Machine, qui a finalement abandonné l’archivage en 2001 face à l’ampleur de la tâche.

Si l’on s’inspire des vraies villes plutôt que des villes numériques abandonnées, quelles leçons apprend-on ?
Le débat entre Jacobs et Moses nous suggère de faire attention aux architectures qui favorisent l’aspect pratique au dépend de la sérendipité. C’est l’inquiétude exprimée par Eli Pariser dans son – excellent – nouveau livre « The Filter Bubble ». Il s’inquiète pour notre expérience en ligne : entre la recherche personnalisée de Google et l’algorithme de Facebook qui détermine quelles informations de nos amis afficher, elle pourrait devienne de plus en plus isolée, empêchant les rencontres liées à la sérendipité. Les bulles de filtrage sont confortables, rassurantes et pratiques, elles nous donnent une marge de contrôle et nous isolent de la surprise. Ce sont des voitures, plutôt que des transports en commun ou des trottoirs animés.

De nouveaux filtres qui empêchent la sérendipité

Avec l’apparition des boutons « like/j’aime » de Facebook sur des sites tout autour du Web, nous commençons à voir une personnalisation apparaître même sur des sites très généraux comme le New York Times. J’ai toujours accès à tous les articles que je souhaite, mais je peux aussi voir quels articles mes amis ont aimé. Il n’est pas difficile d’imaginer un futur où les « like/j’aime » occuperont encore plus d’espaces d’information. Dans un futur proche je pense pouvoir obtenir un carte de Vancouver sur le Web et y voir apparaître les restaurants préférés de mes amis. (Je peux déjà utiliser Dopplr mais je m’attends à bientôt voir apparaître cette fonctionnalité sur Mapquest, voir même sur Google Maps.)

Ce scénario peut être aussi bien inquiétant qu’excitant. Ce qui fait la différence ici c’est de voir seulement les préférences de ses amis ou aussi celles des autres communautés. Comme le dit Eli, les filtres qui doivent vraiment nous inquiéter sont ceux qui sont obscurs sur leurs opérations et qui s’activent par défaut. Une carte de Vancouver recouverte des recommandations de mes amis est une chose ; une carte qui recommande des restaurants parce qu’ils ont payé pour avoir accès à cette publicité en est une autre complètement différente. La carte que je veux voir est celle qui me laisse parcourir non seulement les préférences de mes amis mais aussi les annotations de différents groupes : des visiteurs qui découvrent la ville, des natifs de Vancouver, des foodies, ou des touristes japonais, chinois ou coréens.

Lorsque nous parcourons une ville, nous rencontrons des milliers de signaux sur la façon dont les autres personnes utilisent l’espace. La foule qui attend de rentrer dans un bar et les tabourets vides dans un autre ; une aire de jeu avec terrain de basket très vivant, une autre remplie de mères avec des enfants en bas âge, une dernière remarquable pour ses bancs désertés. Les actions des individus inscrivent leurs intentions dans la ville. Le gazon récemment planté dans un parc sera bientôt parcouru de chemins, dessinés jusqu’à la terre par les pas des passants. Ces « lignes désirées » sont frustrantes pour les paysagistes, mais elles envoient des signaux précieux aux urbanistes. À savoir : d’où les gens viennent, vers où ils se dirigent et comment ils souhaitent utiliser l’espace.

Les espaces en ligne sont souvent si soucieux de me montrer comment mes amis occupent l’espace qu’ils masquent la façon dont les autres audiences l’utilisent. Dans les moments précédant les révolutions tunisiennes et égyptiennes, une quantité importante d’informations a été diffusée sur Facebook. Si vous n’aviez pas d’amis dans ces pays, et spécifiquement dans ces mouvements, ces activités vous étaient complètement inconnues. Il est possible de voir les sujets populaires sur Facebook pour une audience plus large que vos seuls amis. Le sommaire des « Pages » montre les stars, les groupes et les marques qui ont des centaines de milliers, voire des millions, de fans. Le parcourir offre un tour d’horizon assez fascinant des pages populaires aux Philippines, en Colombie, au Nigeria ou aux Etats-Unis et au Canada.

Facebook a donc des données sur ces « lignes désirées » mais il les enterre dans le site au lieu de les mettre en avant. Les « Trending Topics » de Twitter rendent ces « lignes désirées » visibles. Nous ne savons peut-être pas ce qu’est « Cala Boca Galvao » quand cela apparaît dans les « trending topics », ou nous ne nous intéressons pas au tag #welovebieber, mais nous avons au moins des indications sur les sujets importants pour ceux qui ne sont pas dans notre liste d’amis. Lorsque nous cliquons sur un tag inconnu sur Twitter ou lorsque nous explorons les annotations de quelqu’un sur une carte, nous choisissons de nous éloigner de notre chemin habituel.

Trouver un guide à ses errances

Les villes offrent plusieurs façons d’errer et permettent une position philosophique : celle du flâneur qui chérit l’errance et les possibilités qu’elle lui donne de rencontrer la ville. Je pense que deux formes d’errances structurées pourraient être très utiles pour errer dans les espaces en ligne.

Il y a quelques semaines, j’ai retrouvé un vieil ami pour un déjeuner à New York. Durant les 20 années qui se sont écoulées depuis notre dernière rencontre il est devenu une figure de premier plan du parti communiste américain (une organisation que je pensais disparue depuis la fin des années 1960). Alors que nous marchions du restaurant jusqu’à son bureau, en passant face au légendaire Chelsea Hotel, il a attiré mon attention sur des immeubles d’apparence ordinaire et m’a tout raconté sur les unions qui les avaient bâtis, la bataille autour des droits des locataires qui y avait eu lieu et sur les activistes communistes, socialistes et syndicalistes qui y avaient dormi, travaillé et fait la fête.

Notre marche longue de vingt blocks s’est transformée en tour personnalisé de la ville et en carte idiosyncratique qui m’a poussé à observer attentivement des bâtiments qui n’auraient normalement été qu’une partie du décor. Je l’ai supplié de transformer sa visité guidée de la ville en carte annotée ou en visite en podcast, tout ce qui pourrait permettre à une audience plus large de profiter de sa vision de la ville. J’espère qu’il le fera.

L’une des raisons pour lesquelles il est tellement utile d’être guidé dans ses errances est que cela révèle le maximum de la communauté. Savoir que Times Square est la destination new-yorkaise la plus populaire auprès des touristes peut servir pour l’éviter. Mais savoir où un chauffeur de taxi haïtien va pour manger de la soupe de chèvre est une indication utile sur l’endroit où l’on peut trouver la meilleure nourriture haïtienne. Vous ne savez pas si vous aimez la nourriture haïtienne ? Essayez les « maximum locaux » – les lieux les plus importants pour la communauté haïtienne – et vous trouverez une réponse à cette question assez vite. Il est peu probable que vous n’aimiez pas la cuisine parce qu’elle est mal préparée, puisqu’il s’agit de la destination favorite de la communauté – il est plus probable que vous n’aimiez tout simplement pas la soupe de chèvre. (Eh bien, ça en fera plus pour moi.) Si vous souhaitez explorer au delà des lieux appréciés par vos amis, et de ceux appréciés par le public en général, il vous faut trouver des guides assez éloignés de vous culturellement et qui connaissent la ville à leur façon.

Une autre façon d’errer dans une ville et de la considérer comme un plateau de jeu de société. Je suis moins susceptible d’explorer Vancouver en suivant une carte définie par un guide qu’en cherchant des geocaches. Dans un rayon de cinq kilomètres autour de ce centre de conférences, il y a 140 paquets cachés, chacun contenant un logbook où s’enregistrer et, probablement, des « mementos » à échanger avec d’autres joueurs. Pour un geocacher, c’est presque un impératif moral que de trouver autant de paquets que possible lorsque l’on visite une ville inconnue.

Ce processus va probablement vous emmener en dehors des sites touristiques de la ville, ne serait-ce que parce qu’il est difficile de cacher ces paquets dans des endroits si fréquentés. Au lieu de ça, vous découvrirez des coins oubliés, et souvent des lieux que la personne qui a caché le paquet voudra vous faire découvrir, parce qu’il s’agit d’endroits inattendus, historiques ou beaux. Geocaching est une forme à part entière d’annotation communautaire. Le but premier est de laisser sa signature sur le logbook de quelqu’un d’autre, mais un objectif plus profond est de nous encourager à explorer un lieu d’une manière inédite.

Des mécanismes ludiques pour (re)découvrir la ville

D’autres jeux établissent une connexion explicite entre l’exploration et l’expansion du capital civique. Le jeu SFO, fondé par un trio originaire de Chicago et transplanté à San Francisco, a été conçu pour encourager les joueurs à découvrir des choses qu’ils n’avaient jamais vues ou faites dans la ville, afin d’encourager l’exploration et l’autonomie. Le jeu nous invite à gagner des points en accomplissant des tâches, souvent absurdes, stupides ou surprenantes. On marque des points en documentant nos « praxis » et en postant des photos, des vidéos ou d’autres preuves de nos interventions.

Ce qui est vraiment excitant dans ce jeu, à mon avis, c’est le nombre de tâches conçues spécifiquement pour encourager les rencontres avec des lieux et des personnes inconnus – une épreuve nous pousse à convaincre des inconnus à nous inviter chez eux pour dîner. Les joueurs qui ont réussi cette épreuve racontent qu’elle était étonnamment facile et que leurs hôtes ont semblé apprécier cette rencontre inattendue autant que les joueurs. (Plus de réflexions sur SFO sur ce post de blog.)

Tous les jeux ne sont pas collectifs. Il y a plusieurs années, Jonathan Gold a créé un mécanisme ludique pour illustrer son exploration des restaurants de Pico Boulevard à Los Angeles. L’article sur cet expérience, intitulé L’année où j’ai mangé Pico Boulevard (The Year I Ate Pico Boulevard) offre un aperçu captivant de la diversité des nourritures ethniques accessibles en ville. Ce travail a permis à Gold de lancer sa colonne dans le Los Angels Weekly pour laquelle il a finalement remporté le prix Pulitzer, pour la première fois remis à un critique culinaire.

Je retrouve des mécanismes similaires dans le projet merveilleusement étrange intitulé International Death Metal Month, qui propose aux curateurs d’explorer YouTube pour trouver des groupes de death metal dans chacune des 195 nations reconnues par l’ONU. Le death metal du Botswana ne deviendra probablement pas votre tasse de thé, mais utiliser ses passions comme un objectif au travers duquel on voit le monde est une tactique cosmopolite célébrée par Anthony Bourdain ou Dhani Jones.

Il est risqué de trop utiliser ces métaphores géographiques. Même si les mécanismes de jeu sont attrayants et l’intervention de curateurs fascinante, aller du Bronx jusqu’à Staten Island demande toujours du temps. L’espace numérique offre la possibilité de changer les proximités – nous pouvons organiser les bits comme nous le souhaitons, et nous pouvons réorganiser nos villes en suivant notre imagination. Nous pouvons créer uniquement des quartiers en front de mer, ou seulement des parcs, uniquement des bâtiments de briques rouges ou des immeubles de huit étages bâtis dans les années 1920 et découvrir ce que nous rencontrons dans ces endroits.

Mes amis du Harvard Library Innovation Lab expérimentent une réorganisation des étagères de la bibliothèque, qui sont parmi les structures les plus puissantes à notre portée pour encourager l’exploration d’un paysage informatif. Les ouvrages sont classés par sujet et nous commençons par parcourir ce que nous pensons vouloir connaître, puis nous étendons notre recherche visuellement, élargissant notre champs de recherche alors que nos yeux se détachent de notre recherche initiale. En parcourant les rayons nous obtenons des informations sur un livre selon son apparence – son âge, sa taille. Son épaisseur nous dit si le volume est court ou long, sa taille est souvent un indice du nombre d’illustrations (les grands livres contiennent la plupart du temps des photographies).

ShelfLife, le nouvel outil développé par le laboratoire de la bibliothèque d’Harvard, permet de réorganiser les étagères de livres en utilisant ces caractéristiques physiques – taille, épaisseur, âge – mais aussi de les classer en utilisant des données comme le sujet, l’auteur ou la popularité auprès d’un groupe de professeurs ou d’étudiants. L’objectif du projet est de récupérer les données utiles qui apparaissent dans les formes d’organisations physiques et de les combiner avec les possibilités de l’organisation numérique de l’information. Si l’on combinait les conclusions tirées d’une étude de l’organisation des villes avec les possibilités de réorganisation numérique, nous pourrions peut-être concevoir différemment des espaces en ligne favorisant la sérendipité.

Cet essai ne se finit pas par une conclusion – il se termine par des questions. Je ne sais pas exactement de quelles idées issues de l’étude des villes nous pouvons nous inspirer pour les espaces virtuels – à mon sens, seules des expériences peuvent répondre correctement à ces questions :

* Comment concevoir des espaces physiques pour encourager la sérendipité ?
* Quelles leçons tirer de la sérendipité dans les espaces physiques pouvons-nous appliquer au domaine du virtuel ?
* Comment pouvons-nous annoter numériquement le monde physique pour faciliter nos rencontres avec le monde, plutôt que de les limiter.


Article initialement publié sur le blog d’Ethan Zuckerman

Traduction : Marie Telling

Illustrations FlickR CC Paternité par snorpey PaternitéPas d'utilisation commercialePas de modification par Benjamin Stephan PaternitéPas d'utilisation commercialePas de modification par roboppy PaternitéPas de modification par angelocesare
Image de Une Loguy

]]>
http://owni.fr/2011/08/15/recherche-serendipite-desesperement-urbanisme/feed/ 134
Mrs Good – Moonlight http://owni.fr/2010/12/07/mrs-good-moonlight/ http://owni.fr/2010/12/07/mrs-good-moonlight/#comments Tue, 07 Dec 2010 09:30:43 +0000 Guillaume Ledit http://owni.fr/?p=28673 Il y a dans la musique de Mrs Good une nostalgie assumée qui lorgne du côté des 60’s-70’s: un travail sur les harmonies vocales dont on a pas l’habitude en France, des moustaches et des chevelures déconcertantes, des mélodies ciselées et des morceaux construits avec l’amour de l’artisan qui aime le travail bien fait.

Car les quatre garçons qui servent Mme Good sont d’abord et avant tout musiciens, et même multi-instrumentistes.  C’est d’ailleurs par ce biais qu’ils se sont rencontrés: en école de musique. Trois d’entre eux (Arthur, Stéphane et Sacha) commencent à composer leurs morceaux à l’ancienne: guitare-voix. Edward (batterie) les rejoint par la suite, histoire de donner du corps à l’ensemble. Chacun compose de temps en temps, les autres apportant leur pierre à l’édifice qui grandit ainsi au fur et à mesure.

La bande de quatre garçons construit depuis un an et demi son univers avec soin, en architectes patients. C’est une histoire qui commence par des soirées avec des guitares qui traînent et continue là où on les a rencontré: un studio au Centre Barbara Fleury Goutte-d’Or.

Pas d’objectifs précis ni de plan de carrière: priorité à la musique, et advienne que pourra. Pour l’instant, “on y pense mais on sait pas encore. Tant que les propositions sont pas là c’est difficile de savoir si tu dis oui ou non. On envisage l’autoproduction, les choses comme ça. Visiblement, beaucoup de gens, fonctionnent de façon un peu hybride: ils ont leur structure et un distributeur extérieur. Nous on sait pas trop”.

Pourtant, ils ont déjà une BO de film “La lisère” (qui sort bientôt) à leur actif, expérience qui leur a permis de travailler dans une dynamique différente de celle dont ils ont l’habitude. “Le plan de rêve, celui dont on te dit qu’il arrivera jamais…”

Internet, “il faut faire avec”

Sur les sujets sur lesquels on peut être un peu monomaniaques par chez nous (Internet, l’industrie tout ça) les membres de Mrs Good n’ont pas d’avis tranché. Si on évoque le cas Arctic Monkeys et les possibilités offertes par Facebook ou MySpace, Encore une fois, c’est une douce nostalgie qui s’exprime chez ses amoureux de musique.

Si ils ont fait leur culture musicale avec Napster, ils considèrent que “à l’époque, même le temps du téléchargement faisait que quand l’album arrivait, il y avait quand même une petite valeur. Tu avais un petit pincement au cœur quand avec ton modem pérave tu voyais arriver le Black Album de Metallica. Aujourd’hui, tu télécharges une discographie complète en 40 minutes. Alors effectivement, c’est un outil génial: mon petit frère et ses potes ont une culture musicale gigantesque pour des gens de 16 ans”.

Le constat est ensuite fait que les maisons de disques ne développent plus les artistes. Internet est un “passage obligé”, mais il y a parfois comme un sentiment de dépossession :

Quand tu as vécu le processus de l’enregistrement de l’autre côté, tu vois la valeur que ça a, même un 4 titres. C’est vrai que tu y mets du temps, de l’argent aussi. Alors c’est paradoxal parce que nous on consomme, on va télécharger, mais quand c’est à notre tour de livrer notre musique, d’un coup, c’est plus compliqué. Et même artistiquement, il y a une vulgarisation de l’écoute.

Pourtant, quand j’évoque Hadopi, la réponse est claire: “C’est beaucoup trop tard. C’est fait maintenant, il faut faire avec: on va pas presser que des vinyles et les vendre dans des boutiques avec des chemises de bûcherons”.

Au moment de sortir un 4 titres, ils assument être “au moment où on essaye de perdre le moins d’argent possible avec notre musique”. Difficile, puisque l’exigence dont ils font preuve les pousse à enregistrer dans de bonnes conditions, en évitant le plus possible le home studio.

Après avoir évoqué Crosby Still Nash & Young, les Beatles, Gush ou encore Metallica, on sent que les inspirations du quatuor sont ancrées dans le temps: “Je dis pas que dans les années 1970 on aurait joué à Woodstock”.  Peut-être, si, et c’est même ça qui fait de MrsGood un groupe hors du temps, des trends et autres modes passagères…

Mon intime conviction, c’est que l’essentiel, c’est la musique. C’est tout.

Mrs Good organise sa Release Party au Bus Palladium (Paris) le 17 décembre

Mrs Good sur le web :

http://mrs-good.com

www.myspace.com/mrsgoodparis

Crédits photo : Raphael Desveaux

]]>
http://owni.fr/2010/12/07/mrs-good-moonlight/feed/ 11
Tadaaaam : c’est le nouveau My_____ ! http://owni.fr/2010/10/29/tadaaaam-cest-le-nouveau-my_____/ http://owni.fr/2010/10/29/tadaaaam-cest-le-nouveau-my_____/#comments Fri, 29 Oct 2010 11:35:49 +0000 Kais Ali Benali http://owni.fr/?p=27531 Kais Ali Benali s’occupe de la rubrique “technologies” sur le blog collaboratif francophone My Tour Manager.

Il y a quelques semaines déjà, la rumeur du nouveau logo Gap – qui a fait un bide total et a donc finalement été retiré après avoir essuyé les critiques les plus virulentes – avait été suivie par le dévoilement du nouveau logo Myspace.  Plutôt mal accueilli par la toile, ce dernier n’a néanmoins pas été retiré pour autant. Adieu Myspace. Bonjour My ____ ! Mais My quoi ? Bah My ____ (space) pardi! « Euh… il dit qu’il comprend pas! »

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Cela fait au moins un an que Myspace aurait dû devenir My ____ (ou pas d’ailleurs!). ?Ex réseau n°1 des artistes, précurseur du genre puisque créé en 2003 sans trop de bruit, Myspace était finalement devenu très rapidement le réseau social référent en matière de publicité pour les groupes de musique. En quelques années, Myspace a perdu de sa superbe et a surtout essuyé bon nombre de critiques quant à sa réelle capacité à promouvoir des groupes peu connus! Même s’il est vrai et reste encore vrai que le réseau est un vivier de jeunes talents, pour les directeurs artistiques de maison de disque cela revient à « chercher une aiguille dans une botte de foin ». Des projets qui ont su très vite challenger Myspace sont nés entre temps. Noomiz pour ne citer que lui par exemple, a très rapidement su montrer sa capacité à mettre en relation directement les groupes avec des directeurs artistiques en élisant chaque mois (le top 10 Noomiz) 10 groupes à présenter aux DA.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Alors aujourd’hui on nous annonce que Myspace change, et deviens My ____ . Oui mais les artistes qui ont fuit Myspace reviendront-ils sur My ____ ?
La refonte est lourde et prendra du temps. Au moins tout le mois de novembre nous dit-on. C’est le prix à payer pour passer d’un « social network » à une « social entertainment destination ». Qu’est-ce qui se cache derrière un nom si pompeux ??Avec pour cœur de cible la génération Y (les 13-35ans), l’orientation est entièrement différente puisque My ___ aspire maintenant à devenir un lieu entièrement consacré à l’industrie de l’entertainment et non plus simplement un réseau d’amis. Qui dit site, dit également application mobile puisque quitte à être dans le vent, même en retard, autant faire la totale!?Voilà ci-dessous quelques screenshots de ce à quoi ressemble le nouveau My ____ ! Lecteur de la rubrique techno du jeudi sur MTM, je te laisse apprécier!

Mouais… donc bon si on comprend bien, le nouveau Myspace, il est encore plus bordélique, il permet d’accéder à différents types de contenu audiovisuels, mais il n’est en rien plus performant dans le travail entre la relation musicien/professionnel. Ah oui mais c’est ça en fait, le nouveau My ___ , il s’en fiche de la relation musicien/maison de disque, le nouveau My ____, il surfe sur l’industrie dont le leader est incontestablement Apple. Le nouveau My ___ , c’est le lieu de rendez-vous de l’entertainment. Enfin, du moins c’est ce qui est prévu. C’est d’ailleurs tellement de l’entertainment que le nouveau My ___ fait des pubs qui se sentent obligées de comparer le nouveau profil My ___ à la caricature de la « blondasse » sexy. Convaincant ? Pas si sûr…


Le nouveau profil MySpace…

MySpace France | Myspace Video

Le pari de My ___ est risqué en changeant définitivement d’orientation. Historiquement identifié comme le premier réseau social résolument destiné à la promotion des jeunes groupes de musiques, Myspace renie quelque part ses origines dans sa nouvelle bouture, se risquant à l’élaboration d’un hub audiovisuelo-interactif censé séduire la génération Y. Pas évident que la cible soit touchée aussi facilement!

Article initialement publié sur le blog My Tour Manager

Crédits photos : Kais Ali Benali, Lounge!

]]>
http://owni.fr/2010/10/29/tadaaaam-cest-le-nouveau-my_____/feed/ 1
Vendredi c’est Graphism ! S01E10 http://owni.fr/2010/10/15/vendredi-c%e2%80%99est-graphism-s01e10/ http://owni.fr/2010/10/15/vendredi-c%e2%80%99est-graphism-s01e10/#comments Fri, 15 Oct 2010 07:36:31 +0000 Geoffrey Dorne http://owni.fr/?p=31626 Ça y est, voilà dix semaines que Vendredi c’est Graphism! a été créé et voilà donc dix semaine que nous parcourons l’actualité graphique & design :-) Je continue donc sur ma lancée avec un numéro 10 très chargé en actualités, une fois de plus. Au programme de la semaine, je vais vous parler du générateur de logo pour MySpace, du superbe jeu vidéo Hohokum, de la table iPad designée par Bram Boo mais également d’un robinet entièrement repensé et contrôlé par les gestes de la main ou encore un assemblage mêlant typographie & vidéo. On finira sur un petit WTF des pays de l’Est et par le mot de la fin ;-)

La semaine dernière je vous parlais du logo de GAP et de son revirement (ils ont changé de logo puis sont revenus à la version précédente!), c’est au tour de MySpace de changer de logo pour un logo assez “spécial” qui est en fait un grand “my” suivit d’un underscore à côté : “my____”. L’idée a été vite reprise sous forme de générateur de logo MySpace, le concept est qu’il est possible de mettre tout… et bien évidemment n’importe quoi dans ce logo ;-)

le générateur de logo MySpace

On sort des logos en noir et blanc pour se plonger dans l’univers d’un jeu vidéo très coloré et très élégant ! Réalisé par les créateurs de « Poto & Cabenga » (un excellent jeu flash que je vous recommande), je vous présente le jeu vidéo Hohokum. Dans la vidéo ci-dessous on découvre un game play assez intéressant avec un serpent dans un univers graphique très coloré, en papier découpé ou en mosaïque. Le déplacement de l’écran également rajoute une dynamique assez forte au mouvement.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Cette semaine également fût pour moi la découverte de cette table d’un genre nouveau imaginée par le designer Bram Boo. Cette table  nommée « Salsa » est un ensemble de chaises/bancs conçus pour quatre personnes avec quatre iPad intégrés. Chaque utilisateur se trouve ainsi dans une direction différente mais tous avec un iPad sous les yeux.

Un tel dispositif symbolise le lieu collectif ainsi que la lecture… donc pourquoi pas la bibliothèque (municipale par exemple, ou un CDI). Imaginons qu’avec ce dispositif, les livres soient numérisés, qu’ils soient accessibles plus facilement (nul besoin de chercher parmis les étagères), qu’ils soient également téléchargeables, que l’écran puisse offrir un réel confort de lecture (il y a encore du travail), qu’un tel lieu puisse être également connecté à toutes les autres bibliothèques pour partager leurs ouvrages (voire à Google Books), imaginons aussi le gain de temps et de moyens grâce à ces dispositifs ou encore la possibilité à cent ou dix mille personnes d’emprunter le même livre sans pour autant en priver quelqu’un d’autre. Imaginons tout ceci. Alors certes, il n’y aurait plus le touché du livre, son odeur, la main du papier, la couleur ne serait plus la même, certes, les ouvrages numérisés ne seraient pas conçus au départ pour être lus sur écran, des choses que je trouve primordiales mais imaginons qu’il serait toujours possible de retrouver l’ouvrage si l’objet a une importance au travers de l’information. Je suis le premier à collectionner les livres, anciens, beaux, rares, chers, cependant, je me demande comment les générations futures (et les jeunes générations actuelles), réagiront lorsqu’elles se retrouveront face à des bibliothèques ou des CDI totalement numériques.

Est-ce que les jeunes & futures générations auront un intérêt dans l’objet livre ou peut-être qu’avec la diversité des support, peut importe la source ou le medium, seule le contenu comptera ? Allez savoir.

biblio Voici la mort de la bibliothèque ou son renouveau ?

On enchaîne notre aperçu de la semaine avec un projet réalisé dans le cadre du Master en Science & conception de projet industriel d’obtention à l’Université de technologie d’Eindhoven, aux Pays-Bas. Ce projet (prototype + réalisation finale) est une réflexion menée autour de la gestuelle et notamment sur la façon dont le geste peut améliorer la manipulation d’un objet. Voici donc un robinet de cuisine entièrement contrôlé par les gestes de la main.

De tels objets deviennent une extension de l’utilisateur lui-même, que ce soit son corps, ses mains, ou même son esprit, un tel dispositif réduit l’interface à la simple notion d’utilisateur. L’interaction est ici minimale mais assez puissante pour permettre d’allumer un robinet, de régler sa puissance, sa température, son type de jet, chose qui parfois peut s’avérer délicat avec une seule main.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Le designer Roman Cortes s’est amusé cette semaine à réaliser une petite expérimentation typographique sur la chanson Never Gonna Give You Up du désormais célèbre Rick Astley. La typographie s’anime ainsi dans une danse fluide. Les lettres suivent ainsi chaque image de la vidéo flash. Tout est codé en actionScript et, hélas, la typographie est tout simplement de l’Arial (pour éviter d’avoir à “embarquer” la typographie dans le fichier flash et ainsi gagner en performances).

source

Allez, on termine la semaine avec un WTF qui se passe dans un pays de l’Est de l’Europe. Au début ce n’est qu’un banal évènement, puis un genre de double rainbow du WTF. Je vous laisse découvrir :

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Pour conclure ce dixième Vendredi c’est Graphism!, je voulais vous remercier et également de vos petits e-mails sympathiques avec vos actualités graphiques :-) Et quelques phrases pour la fin :

- Tu connais par cœur la musique du répondeur de la MDA ;-)
- Tu sais faire des capitales accentuées et des ;¬)
- Tu utilises ton écran dans sa résolution native.
- Tu as des livres d’images encore à 25 ans.
- Tu fais des cartes de visites mais tu n’en as pas pour toi.
- Tu aimes les mots « bords perdus », « corps », « vectorielle »…
- Tu es pris d’une vive douleur à l’estomac lorsqu’on te dit : « plus gros le logo ».
- Sur ta carte de visite, tu ne sais plus si tu dois écrire « graphiste », « directeur artistique » ou « graphic designer ».
- T’as pas fait ctr l+ S et que tu le payes cher là tout de suite!
- Que t’as plus d’A3 mais qu’en collant deux A4 ça devrait le faire…

À la semaine prochaine ! ;-)

Geoffrey

]]>
http://owni.fr/2010/10/15/vendredi-c%e2%80%99est-graphism-s01e10/feed/ 3
Noomiz good ? http://owni.fr/2010/10/04/noomiz-good/ http://owni.fr/2010/10/04/noomiz-good/#comments Mon, 04 Oct 2010 12:13:14 +0000 Loïc Dumoulin-Richet http://owni.fr/?p=26848 Il y a quelques mois déjà nous vous présentions Noomiz.com, l’a priori innovant “Myspace killer” d’Antoine El Iman et Thomas Artiguebieille. Jeudi 30 septembre, à la veille de son lancement auprès du grand public, son équipe au grand complet présentait la plateforme à la presse.
Accessible aux artistes depuis début janvier et élargi à une beta privée au cours de l’été, le site est désormais à la portée de tous et ses fondateurs entendent bien se faire une place parmi les services aux musiciens et professionnels de l’industrie de la musique.

Des débuts encourageants

Pour parler chiffres, Noomiz, c’est 100 000 visiteurs uniques, 3000 artistes, 7000 morceaux et 700 mini-sites crées. Mais au delà de ces résultats satisfaisants sur le papier pour un site en beta privée, on peut s’interroger sur les résultats artistiques du concept. Pour répondre aux questions de l’assemblée, les fondateurs de la plate-forme avaient convié Agnès Gayraud du trio La Féline et LeNoiseur, heureux élus ayant bénéficié des partenariats signés par Noomiz avec les labels Atmosphériques, AZ, Chrysalis Music et l’éditeur Universal Music Publishing. Tous deux intéressent en effet AZ (le label de Valéry Zeitoun), la première ayant même signé un contrat de maquette avant peut-être un contrat d’artiste dans les prochaines semaines.

Ces rendez-vous sont obtenus chaque mois par dix artistes faisant partie du Top Noomiz, ce qui tend à prouver que Noomiz sert concrètement les artistes, en leur offrant une réelle chance d’accéder aux professionnels, étape souvent cruciale dans le développement d’une carrière en ces temps où les repères tendent à s’estomper.

L’accent mis sur le partage

En offrant aux artistes la possibilité de créer un mini site très facilement exportable sur les réseaux sociaux (Facebook, Myspace) Noomiz met le partage au centre de son écosystème et leur permet d’accroître facilement la présence des artistes sur le web.

Les internautes ne sont pas en reste et peuvent en un clic promouvoir la musique de leurs découvertes préférées sur leur compte Twitter, Facebook ou même intégrer un lecteur audio à leur blog. (ci-dessous, l’exemple du mini site de La Féline, intégré directement à sa fanpage Facebook).

Noomiz, l’assistant des DA ?

Si le site ne demande aucun frais d’inscription aux artistes ou aux internautes, son modèle économique se base sur le service aux professionnels. Noomiz se propose en effet d’apporter aux directeurs artistiques et autres music supervisors des artistes bénéficiant déjà d’un univers travaillé. L’initiative permettrait donc de proposer un choix crédible à des clients habituellement confrontés à une offre pléthorique à la qualité très variable.

Grâce à une sélection à l’entrée visant à ne pas se retrouver avec “un bêtisier de la Nouvelle Star ou l’orchestre de bal qui reprend du Goldman”, selon les mots de son co-fondateur, et écartant de fait les artistes n’ayant jamais enregistré, Noomiz promet un catalogue de qualité dans de nombreux styles (pop/rock avec Juno Lips, funk avec Enneri Blaka, jazz avec Trio DVC…)

Interrogés sur le développement futur du site, dont l’équilibre financier est attendu pour 2012, ses deux fondateurs insistent sur leur volonté de ne pas devenir producteurs et/ou éditeurs : c’est avant tout le métier de leurs clients (parmi lesquels ils comptent déjà Warner Music, Play On, Mercury, le sound design de la boutique Colette ou encore le Bureau Export de la musique française), qu’ils n’entendent pas court-circuiter. Leur économie repose de toutes façons uniquement sur ces clients, pour lequels Noomiz intervient en tant que rapporteur d’affaire. A terme, leur portefeuille clients, au-delà des producteurs, s’enrichira des “gens qui travaillent avec la musique” (médias, agences de communication et publicité). Des entités qui créent de l’affect avec la musique, et qui sont demandeuses de nouveautés constantes.

L’initiative de Noomiz semble suffisamment pertinente pour trouver sa place dans le paysage web et musical français (la part des artistes étrangers inscrits est pour l’instant minime). Reste à voir combien d’artistes bénéficieront concrètement de la mise en avant offerte par le site.

Réponse dans les prochains mois.

La prochaine Noomiz Party (NIP#6) aura lieu le 14 octobre prochain à l’International, avec entre autres, un live de La Féline.

Crédits photos : LDR

]]>
http://owni.fr/2010/10/04/noomiz-good/feed/ 3
Rencontre avec danah boyd http://owni.fr/2010/08/30/rencontre-avec-danah-boyd/ http://owni.fr/2010/08/30/rencontre-avec-danah-boyd/#comments Mon, 30 Aug 2010 08:13:03 +0000 Alexandre Léchenet http://owni.fr/?p=25753 danah boyd travaille depuis maintenant un an et demi au Microsoft Research New England et s’est auparavant  fait connaître grâce à ses études sur Friendster puis MySpace. Elle se spécialise sur la question des pratiques et usages des adolescents sur les réseaux sociaux et sur les questions liées à la confidentialité. Ses analyses ont déjà été régulièrement reprises sur OWNI. Je suis allé la rencontrer à Boston.

Le bâtiment de Microsoft Research est posé juste à côté du MIT et propose une vue assez impressionnante sur les voiliers traversant la rivière Charles. Arrivé au douzième étage, je demande danah boyd. Un premier chercheur ne voit pas de qui je veux parler. Un second me dit que le nom lui dit bien quelque chose, mais qu’il ne peut pas m’en dire plus. Finalement, une autre personne m’amène jusqu’à une salle de réunion assez simple. Assise sur un canapé anis, une couverture verte sur les genoux, danah boyd me reçoit.

L'envers du décor

Généralement, quand on lui demande ce qu’elle fait, elle répond qu’elle est chercheur en “social media”. Elle m’explique que pour elle, ce terme n’a pas de signification précise mais qu’il a le mérite de dire quelque chose à tout le monde. Son métier consiste à analyser les interactions sociales entre les humains. Dans le cadre des médias sociaux, il s’agit surtout de comprendre comment la technologie permet de favoriser ou d’influencer ces interactions.

Adolescents et réseaux sociaux

Premier sujet de notre échange : les adolescents. À partir de 8 ans, les enfants commencent à comprendre le monde qui les entoure et leur place dans celui-ci. À présent, ils doivent également comprendre comment s’insérer dans les réseaux sociaux. La plupart a déjà compris que l’information était un pouvoir. Si je sais quelque chose sur quelqu’un, cela me donne un pouvoir, et cela fonctionne également dans l’autre sens : si quelqu’un sait quelque chose sur moi, j’ai un pouvoir sur lui.

Dans une société traditionnelle, les informations personnelles s’échangent dans les deux sens la plupart du temps, à moins d’entrer dans des relations parasociales. Les relations parasociales sont celles par exemple qui lient une personnalité à ses fans, où ils en savent beaucoup, mais la personnalité n’a pas besoin de savoir quoi que ce soit sur eux. Ce genre d’interaction est beaucoup plus courante sur Internet, avec des gens suivant d’autres personnes ou ayant accès à leurs informations.

La relation parasociale sur Internet peut rendre les gens vulnérables. Et particulièrement les jeunes, qui arrivent dans le monde à cet âge, n’ayant aucune indication sur la façon dont il fonctionne. Ils ne doivent pas seulement découvrir le monde, mais également les technologies. Et c’est ce qui rend passionnant l’étude des enfants pour danah boyd.

Face au flux de l’information, nous sommes tous effrayés de pouvoir manquer quelque chose, mais nous savons qu’il est impossible de tout consommer. Les jeunes nagent également dans ces flots d’informations, mais ça a plus d’importance pour eux. Ils vivent avec tous les jours. Et en sortir est un choix difficile à faire.

La génération Y n’existe pas

Concernant l’existence d’une “Génération Y” dont on nous parle si souvent, elle est assez claire : c’est de la bouillie marketing. Il existe sans aucun doute des périodes dans la vie où des tranches d’âge partagent les mêmes découvertes et une actualité commune. En revanche, il ne s’agit pas d’une génération au sens où les gens l’entendent : on généralise beaucoup trop. La question de la classe sociale compte beaucoup. La “Génération Y” n’est en fait qu’une petite partie des jeunes actuels, celle que les spécialistes du marketing doivent atteindre.

Attention, hackers

Nous revenons ensuite sur les “attention hackers”. Ces jeunes qui ont décidé de s’amuser avec l’économie de l’attention, mettant en lumière la malléabilité de l’information. La nouvelle pédagogie proposait il y a quelques années que les élèves s’intègrent dans les livres, racontant comment il pourraient sauver tel personnage ou aider tel autre, pour s’investir. Aujourd’hui, l’investissement personnel est sorti des considérations éducatives pour s’étendre bien au-delà. Les jeunes sont passés de la pure consommation au cycle consommer et produire.

L’exemple typique de produit culturel qui entre dans ce schéma est Lost, série qui n’est pas faite que pour être regardée mais qui pousse ses spectateurs à produire des théories, des réflexions… Les artefacts culturels qui entourent un fait d’actualité ou un bien culturel lui donnent un intérêt et investissent le spectateur/lecteur/producteur. danah me parle ensuite des tags vidéo où des jeunes Philippins expliquent ce qui les fait philippins et qui proposent à plusieurs de leurs amis de réaliser à leur tour une vidéo.

danah meets Morano

C’est le moment que je choisis pour lui montrer la publicité du secrétariat d’État à la famille. Plus la vidéo avance et plus elle sourit. En voyant le vieux monsieur proposer à la petit fille de lui montrer son lapin, elle s’esclaffe “Il ne manquait que lui !” Je lui expose rapidement les projets de filtrage de notre gouvernement.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Elle redevient alors sérieuse. Ses exemples et études sont principalement américaines et britannique : elle ne s’avance pas à l’appliquer à la France. Pourtant, l’étude EU Kids Online de Sonia Livingstone, encore en cours, semble confirmer les chiffres observés en Angleterre et aux États-Unis. S’ensuit une suite d’arguments dont je sens qu’elle a l’habitude.

Les problèmes que peuvent rencontrer les individus en ligne sont des problèmes qui ne sont que révélés sur Internet et qui arriverait sans le réseau. Des brimades ? Des jeunes qui s’invitent chez un camarade de classe pour y faire la fête ? Cela existait avant. Ce qu’apporte Internet, c’est une preuve tangible, un enregistrement de ces problèmes.

danah prend alors pour exemple le site des pro-ana, dont elle sait qu’une sénatrice française, Patricia Schillinger, a tenté de les interdire, initiative qui lui semble dérisoire. Elle avait suivi toutes les discussions autour de ce thème et ce qui la surprend c’est qu’on veuille interdire des sites où des jeunes se présentent dans des états de maigreur morbide, et partagent leur maladie alors que selon elle, la première des choses à faire serait plutôt d’aider ces jeunes filles qui sont dans une situation visiblement merdique [visible deep shit].

Les blogs où les jeunes organisent leurs suicides qui permettent à la presse de titrer “Internet les a poussés au suicide” constituent également un bon exemple. Encore une fois, si on remonte un peu dans les archives de ces blogs, on aperçoit de nombreux appels à l’aide, auquel il s’agirait plutôt de répondre plutôt que de blâmer la technologie.

Face à tous ces problèmes, plutôt que l’outil législatif, danah boyd préconise des services sociaux. Prenant pour exemple les “Street Outreach Service”, structures dans lesquels des jeunes aidaient d’autres jeunes ayant des problèmes dans la rue, elle imagine des patrouilles virtuelles qui trouveraient ces contenus et tenteraient d’aider ces jeunes.

Pédophilie et pédopornographie

La pédophilie est également évoquée. Elle me rappelle que la plupart des agressions sexuelles sont perpétrées par un membre de la famille ou un proche et donne cet exemple des violeurs qui vont statistiquement plus souvent se rapprocher de mères célibataires.

La plupart du temps les informations personnelles que les enfants diffusent à propos d’eux-mêmes ne leur occasionnent pas de problème. Les risques potentiels existent uniquement quand la conversation tourne autour du sexe. Et dans ce cas, ce sont les enfants qui mentent sur leur âge et ils savent très bien ce qu’ils font, et ils le font pour le sexe. Il a été prouvé que ces enfants ont des problèmes dans leur famille ou des désordres psycho-sociaux. Encore une fois, il s’agit plutôt d’aider les enfants que de traquer des pervers.

Concernant la pédopornographie, il s’agit de quelque chose de beaucoup plus grave selon elle. Il s’agit de la production d’enregistrements de crime contre des enfants. La diffusion de ces images continue de nuire aux enfants. Et plus une personne collectionne sur son ordinateur des contenus pédopornographiques, plus la probabilité qu’il passe à l’acte lui-même est importante. Le taux de conversion de la consommation à la production de telles images est énorme. Il s’agit donc d’empêcher les gens d’en collectionner.

Et de bien faire la différence avec des vidéos impliquant des enfants pré-pubères ou les pratiques de sexting entre adolescents, ce que ne fait pas encore la loi. Un outil législatif puissant contre la pédo-pornographie est donc nécessaire pour empêcher les consommateurs de devenir producteurs.

Alors, faut-il tout de même donner des cours aux jeunes pour leur expliquer la confidentialité et Internet ? La réponse est claire, il faut avant tout les éduquer. Tout simplement. Quand on regarde l’interview de la soldate israelienne dont le nom sera à jamais attaché à ces photos, on se rend surtout compte qu’elle n’est pas très intelligente et que sa réputation est à jamais entachée. Les jeunes doivent tous les jours faire avec leur réputation. Et ça ne change pas avec Internet.

Pour finir, elle parle des quatre leviers de Lawrence Lessig pour que les choses changent : le marché, la loi, les normes sociales et la technologie. Il faut jouer avec ces quatre leviers pour faire évoluer la société. Pour ces différents problèmes, le marché et la technologie sont trop dispersés. Il faut donc faire évoluer nos normes sociales et se baser sur la loi, qui a le désavantage de ne pas être très rapide, pour résoudre les plus grands problèmes.

L’heure accordée à notre entretien est bientôt terminée, danah espère que l’annonce de Places par Mark Zuckerberg ne va pas l’obliger à lire toutes la soirées les nouvelles normes de confidentialités de Facebook et les brèches que cette nouvelle fonctionnalité va ouvrir. D’ailleurs, elle en est convaincue, le futur se jouera sur le mobile et la localisation. Est-ce que Facebook fera partie de ce futur ? On n’a pas la réponse. Il y a dix ans, on pensait que Yahoo serait le plus gros. La question est donc de savoir jusqu’à quel point Facebook va se mettre ses utilisateurs à dos. Et à quel moment le coût social d’utilisation d’un tel réseau social sera plus important que les bénéfices qu’on en tire.

En me relevant, je regarde une dernière fois les voiliers sur la rivière Charles et elle me raconte la beauté de la rivière en hiver quand celle-ci est gelée et que les gens patinent dessus. Où l’amusement qu’elle peut avoir à regarder les jeunes marins tomber pendant leurs cours de voilier.

Patiner, tomber, se relever. La vie tout simplement. En ligne ou hors ligne.

Illustrations CC FlickR par Ewan McIntosh, Peter the Repeater

]]>
http://owni.fr/2010/08/30/rencontre-avec-danah-boyd/feed/ 21
Rate.ee ||«Sodome et Gomorrhe virtuel» http://owni.fr/2010/06/08/rate-ee-%c2%absodome-et-gomorrhe-virtuel%c2%bb/ http://owni.fr/2010/06/08/rate-ee-%c2%absodome-et-gomorrhe-virtuel%c2%bb/#comments Tue, 08 Jun 2010 13:43:33 +0000 Nicolas Kayser-Bril http://owni.fr/?p=17845 Un an avant MySpace, deux ans avant Facebook, de jeunes Estoniens lançaient leur réseau social, Rate.ee. Le succès n’a pas tardé et le site compte aujourd’hui plus de 350 000 utilisateurs. Dans un pays d’un peu plus d’un million d’habitants.

En 2007, 71% des 11-18 ans utilisaient Rate.ee. C’est grosso modo la même proportion qu’aux Etats-Unis à la même époque, MySpace et Facebook confondus.

Rate.ee, plus moche que MySpace?

Pourtant, le concept est légèrement différent. Les jeunes ne viennent pas sur Rate uniquement pour socialiser, mais pour se faire noter (rate, en anglais). Le site publie moult classements, qui permettent de voir qui est l’Estonien ou l’Estonienne le ou la plus populaire. Un site de rencontre intégré à un réseau social, en quelque sorte.

Idée géniale, puisqu’elle incite ces jeunes Baltes à rester des heures devant leur ordinateur pour convaincre leurs amis de voter pour eux. La dérive n’est pas difficile à imaginer : les filles présentent des photos d’elles en mode prostipouffe. Pour être exact, une étude scientifique menée par Andra Siibak, spécialiste de Rate.ee, a montré que 40% d’entre elles adoptent une posture de séduction appuyée sur la « culture du striptease ». Pour les mecs en revanche, le site réserve des surprises. Les ‘machos’ ne font pas l’unanimité et les choix des Estoniennes contribuent à l’essor des métrosexuels, qui apparaissent sous une image de « Mr. Nice Guy ».

Les médias traditionnels dénoncent logiquement un site qui pervertit la jeunesse, les internautes y accourant « pour trouver des femmes de tous genres et non pas discuter ». Malgré cette qualification de Sodome et Gomorrhe virtuel, pour les chercheurs, les jeunes y explorent simplement leurs limites et y copient le monde physique.

Financièrement, le site vit de la pub et des services virtuels payés en monnaie virtuelle, le SOL, qui vaut 10 centimes d’euros commandé en ligne mais 30 si on commande par téléphone. Pour une poignée de SOL, vous pouvez offrir un cadeau ou ajouter des émoticônes à vos mails. Mieux, vous pouvez supprimer des commentaires peu élogieux et mettre en avant votre photo dans les résultats des recherches. Grâce aux SOL, le site a été racheté en 2006 avec une valorisation de 5 millions d’euros.

Dépassé par Facebook

Le fait que les Estoniens soient en moyenne 3 fois moins riches que les Américains n’a pas eu d’effet sur les usages, souligne Andra Siibak. Mais en se mettant perpétuellement en avant dans le but de se conformer aux standards inspirés par la culture télévisuelle, nul doute que les Estoniens ont du redoubler d’efforts – et de budget – pour financer leurs mises en scènes.

Aujourd’hui, Rate n’a plus la côte. Les jeunes Estoniens se ruent sur Facebook et l’Américain a dépassé  l’enfant du pays en octobre dernier. Pour Andra Siibak, le fait d’avoir été pendant longtemps la seule plateforme disponible en estonien a pu jouer en la défaveur de Rate. « Les jeunes se sont peut être lassé de ce site de classement et se sont rués vers Facebook dès lors que celui-ci a ouvert sa déclinaison estonienne, fin 2009, » explique-t-elle.

Photo CC cfarivar

]]>
http://owni.fr/2010/06/08/rate-ee-%c2%absodome-et-gomorrhe-virtuel%c2%bb/feed/ 1
Well, what is a good digital music strategy? http://owni.fr/2010/05/25/well-what-is-a-good-digital-music-strategy/ http://owni.fr/2010/05/25/well-what-is-a-good-digital-music-strategy/#comments Tue, 25 May 2010 18:00:44 +0000 Virginie Berger http://owni.fr/?p=16397 Version anglaise d’un article qui le mérite, dans lequel Virginie Berger nous donne l’ensemble des stratégies applicables en ligne pour les groupes de musique, ou ceux qui les entoure. Le document PDF est également disponible.

This article is also available in PDF and on Slideshare

What does it mean to be an artist in 2010? What is a record company? A music company? A recorded music company? How do we define and work on music marketing within an ever-changing environment?

“And what about music?” you might ask me. Surely, music is the core of everything. The artist should be able to offer a type of music in a place where someone will want to listen to it.

If only I had a good digital strategy...

Define your objective

First of all, you can’t throw yourself into marketing action, as small as it may be, without defining your objectives beforehand. It doesn’t mean you have to draw a 5 years business plan. But you need to define the results you expect from your action. What is your objective behind your action? Is it to improve your online presence? OK, but what for? Touring? To be signed? Do you want to sell records, products relating to your music (i.e: merchandising), gig tickets? How many? Why are you on Twitter? What are your expectations?

At present, we are witnessing an excess of actions in the music industry. Are there any results at the end of the day? What is the most important key? Time spent on actions or the final results from the actions?

Most people get frustrated with their online results because they confuse tactic and strategy. It seems that they prefer getting into action, even before defining the reason of their actions. My father used to tell me: “A vague objective leads you to perfect stupidity.”

Back to basics

Before starting off, let me remind you of a few tiny things:

> Not only do fans want to connect with your music, but they also want you to connect with them.

> Three steps for your expansion: getting attention, getting connected, and getting monetized.

> Adding value to what you create is the only way to compete with free of charge products.

> Cwf + RtB = $$$ (Connect with Fans + give them a reason to buy = monetization)

> Why get attention and get connected to your fans? Because the biggest issue in the music industry is not actually about the    price, but about the millions of content that is available. Nobody knows what to listen to and from what source? Which is why being visible and create a community space will give you a way to make money.

> You can’t force people to get into a relationship with you. But, on a daily basis, you can prove to them you are worth it!

Don’t forget: you don’t have to follow EVERY SINGLE thing I am describing. Focus on what’s important to you in terms of your objectives.

So, let’s get down to business: what will you learn from this white paper?

> If you are a band but don’t have a website, then you have just failed your career

> MySpace is so 2004, but it’s still a good idea to create your MySpace page

> Facebook, but why?

> Knowing your fans is vital, but what is the best data-analysis?

> Why register on Bandcamp? Because it’s like MySpace but slightly better

> You might not be Lady Gaga, but you can learn how to get 1 million of viewers on Youtube

> Why email and newsletter are still a weapon of mass seduction?

> Nobody uses Twitter but it reaches everybody

> Flickr, Wikipedia, Deezer, Spotify… strange words but you should use them!

> SEO is not a disease but a medicine actually

1 – Your Website

Everything goes very fast. What is hype now might not be in a near future (Don’t believe the Hype, never!)

MySpace was supposed to revolutionise the music industry. Now it’s Facebook (if you don’t have your fan page honey, then walk on the wild side), Twitter…

Some years ago, it looked very chic to own your MySpace URL. Not anymore. Twitter does. OK, but where will be Twitter in a few months time or a few years time? And what about the augmented reality? What for exactly?

To sum it up, what will you gain from it? ROI (Return On Investment) must be higher that your time spent on your action making. If not, it would mean you made a mistake about your action.

This is why your website has to be the core of ALL your online strategy.

Whatever exists, social networking, blogs, microblogs, your website only must be at the centre of it all. Microblogging will never replace blogging. MySpace will never replace your website. Staying uniquely on MySpace will NEVER get you to know your fans.MySpace is like a display that should lead them somewhere else. Mind you, social networks and your website are perfectly complementary. You need them all. Your external presence and outwards links must lead to your website.

A – Renew your content and offer it

Most of artists’ sites don’t offer their fans and visitors a real experience on their websites. They are usually static and motionless, and rarely updated. Your site has to be a channel of diffusion and distribution. It allows you to get connected to your fans, to get to know them, follow them and interact with them.

You should update it on a regular basis, so it matches the image you wish to project. You have to offer: photos, videos, music (I take responsibility for it: offer music). Your fans and visitors chose to come to your website, so they can meet you. But if you are not around, the experience won’t be rewarding for either of you. Fans won’t be waiting for two years, or in between albums, to receive news from you. You have to be there.

Offer as much content as possible. Then again, OFFER… unknown recordings, studio or unplugged recordings… Get someone to shoot some footage of you. Not only onstage but outstage as well. Before or after a gig. You discovering a town. Make podcasts explaining what inspires you. Don’t hesitate to comment on your gigs. Allow your visitors to be able to contact you or comment everywhere. Wall, email, forum. Open your diary and update your gigs dates, TV and radio promotion.

B – Create a blog

Creating a blog allows you to be closer to your fans. Do not hesitate to post info, comments, music links you like. Let your viewers share your articles on Facebook, MySpace… Blogging has lots of advantages. Ask an artist who likes your music to say so (i.e.: Sigur Ros/Fanfarlo, Passion Pit/John Mayer). Your presence is multiplied and you are improving interaction with your fans. You can post different types of contents, with key words, so your online presence is increasing thanks to SEO (we’ll talk later about it).

But careful, again the blog is not your website. It can’t be your unique online strategy. It’s complementary. Do not hesitate to tease your viewers, play with them and inspire them.

C – Let’s talk about your site

1 > Music has got to be central. It might sound obvious, but I can ensure you that most of the time it is not.
2 > If you are not sure about which platform to use, try Soundcloud. Their Player is even customisable.
3 > Let your fans upload and embed their own videos, photos, remixes, comments, etc…
4 > You might want to use Wordpress as a tool for publication.
5 > Don’t forget your “shopping” page. A tool like Bandcamp will take care of everything (I’ll give you more details on #3). I would like to lure you on Exsonvaldes French group Bandcamp. Now Bandcamp combines on your website.
6 > Your web page design has to be light and fast.
7 > Drop Flash. It is a SEO jilt. It gives sore eyes and prevents navigation from a mobile. You can try CSS. Flash, for a whole website, was OK in 2002…
8 > Drop any complicated things as well that will force your viewer to wait for 5mn before getting on your site. (S)he wants to see you rapidly. Don’t we live in a simple era? Ipod is a rectangle with a circle. Google is a research application. Internet users are experimented and want to be fast. A 5mn loading time might flatter the artist ego, but you are losing contacts here.

Best artist sites: www.nin.com, www.weezer.com, www.fanfarlo.com, www.cyrilpaulus.com.

2 – Social Networks

In regard of social media marketing, I don’t agree with many “gurus” who pretend that social networking is the only way to make it as an artist.

In my opinion, it shouldn’t because social media is a fan management extension. Social networking’s purpose is about building a bridge between you and your fans who will then use words of mouth to “promote” you: positively or not.

Therefore, it’s better to look for your fans and build up your online social presence. The main objective is to get your fans on your website. That way they can discover you, share, interact and buy (which is the point actually)…

A – About Myspace

To be straightforward, MySpace is not dead yet. An artist can still do many things on it. So MySpace remains the n°1 site for artists and evolving bands. I have to admit I am not a great fan of it, but an artist can and has to use it.

Looking into the statistics, MySpace keeps growing. It is not as significant as the previous years but its growth is still ongoing.

MySpace is still a vital element for people to find you and discover your music.Why? First, it is very well listed on Google. And also, it is very useful to have a profile when you have no time, nor the competences, nor the finances to build your website. However, a poor and not updated profile will make you lose contacts.

1 > You wish to customize your background. Why not. But you don’t have to. The simpler you keep your background, the faster it will open. Therefore fans or record companies will find what they want.
2 > If you are CSS/HTML competent, get rid of MySpace Player which is the most non-user friendly around. Better to register on Soundcloud and use it on MySpace, so you can use its Player and all its functions (I don’t work for Soundcloud).
3 > No more than 3 videos with Youtube links. I don’t need to see more. If I do, I’ll go to Youtube (that links to your website, doesn’t it?)
4 > Thank you for leaving the layout as it is. There is a good reason for its design. Looking for the mail box if I want to contact you, but you changed its design and its place… is quite nerve racking!
5 > Write a clear and visible email address on your profile. I prefer to contact you directly rather than MySpace email customer service. I am not even on MySpace anymore and I have no intention to create a profile if I feel like speaking to you. Like many of us.
6 > Try to avoid Flickr slideshows. MySpace photo album is better. Again, simplify, simplify!
7 > Ping.fm or Artistdata are good sites to synchronize your updating.
8 > Say “Hello”, answer questions and communicate!

Using MySpace as a contact centre is a good idea. Don’t forget to indicate clearly your email address on your profile as well as your manager/tour organiser contact if you have one. Also, don’t forget to write your website URL and/or your Bandcamp page (even though you might not have a website, be visible on Bandcamp). That way, people will discover you and if they need to know more about you, they will link to your webpage or Bandcamp page.

B – About Facebook

If you still haven’t got a Facebook fan page, here are some stats that might make you change your mind:

1 > More than 400 millions active users
2 > 50% of active users log in once a day
3 > 55 minutes per day is the average time spent on FB
4 > Over 1,6 millions FB fan pages have been created
5 > In terms of traffic, FB is ahead of Google

Looking at those figures and knowing that Google uses social networks (social content) in order to fix web pages ratings in its result pages, your FB absence should be hard to justify! You have to build your fan page wondering why people would want to join you.

a – Update your content on a regular basis. Give your fans a good reason to come back on your page.

1 > Do not hesitate to post new articles/reviews from your blog onto your FB wall.
2 > You can use a service like ping.fm in order to update your network in one go, FB as well as Twitter.
3 > You can install a widget on your Youtube and Flickr channel. That will synchronize automatically your videos and images on your FB fan page.

b – Get in touch with your new visitors

For the new ones, a wall can be intimidating. It’s like entering a new room in which everyone knows one another and talks about issues that you know nothing about.

So, before sending your new visitors on your fan page wall, send them to a landing page (a kind of Welcome) on which you can explain who you are and what you do… the “Like” button will be highly visible of course! You can use the Tigerlily application to build your landing page.

c – Launching a contest

If you want more fans, you have to give them a pretext to become one. How to do so? A competition! Competition for the best T. shirt graphics, best album cover, photo, etc = job opportunities, commitment and loyalty.

Watch out: since November 2009, FB guidelines have changed. You will need to follow a process and obtain consent before launching a contest.

d – Give your fans something they won’t find anywhere else

> Box sets

> Live gigs on your page

>  remixes

> Exclusive discounts (i.e.: Fanfarlo offering his album @ $1 for a few days…)

e – Do encourage interaction

> Straightforwardly, if your communication is not interactive and if you don’t exchange anything, your fan page won’t be a success.

> You can ask questions to your fans and seek their opinions

> Draw a survey

> Incorporate applications, games, quizzes

> Share! Do not hesitate to post info from other FB users that are the most relevant

Here are some interesting applications to use on FB:

Involver

ReverbNation – My Band

Poll Daddy Polls

Selective Tweets

Twitter/Facebook synch

Nimbit MyStore

C – About Twitter

Over 80% of the public would rather follow their “friends” recommendations if they wanted to see a film or buy an album than trust publicity or mags reviews. Twitter has become the first advisor in relation to the cinema box office. It’s becoming similar in relation to music…

Twitter shouldn’t be seen as a simple promotional tool for single talk. When creating your profile, mind your bio. People will decide to follow you according to what you wrote on your bio. Make sure you mention your website on your links (I do mean your website!).

On Twitter, you also have to make offers when building your community. Follow people who are likely to have an interest in what you do. Participate to debates. Keep doing it even though few people might join at first. You can post your comments, your photos (twittpic). Answer your fans. Do not hesitate to talk about other issues than music and gigs. If you don’t post your gigs dates, your time as an artist might be shortened.

Have a look on Amanda Palmer Twitter (@amandapalmer), the Dresden Dolls singer. This is an excellent use of Twitter. She talks to her fans, sells her merchandising ($19 000 in a month time)

Have a look as well on what does Charly de Charly et sa Drôle de Dame (@charly_sddd), a rising and DIY artist. Little by little he is taming Twitter and is creating his small community, sharing info that is not always about him.

So, what to do on Twitter:

1. Share what you are doing: post links, take photos

2. Tell us what’s happening

3. Share your info and other people info

4. You can ask questions and seek advice

5. Look for those who talk about you via the Twitter research function, follow them and answer their questions

6. If you also use a private Twitter, you can send special offers to your followers

7. Update in case of problems (site not working, gigs problems, etc.)

8. Launch a contest

Have a look on @noushskaugen Twitter (1,2 millions of followers!!). She is a DIY unsigned artist. In her article, she talks about Twitter, social media and connecting with fans.

Have a look as well on @trent_reznor Twitter or @lcdsoundsystem who twittpics studio recordings photos, etc.

D – About Flickr

Flickr is the first photo community in the world, used by over 300 million people. When creating your Flickr album, you are exhibiting yourself to a very wide audience. You might want to create thematic, allow your photos to be found by the community via keywords.

Do create a Flickr profile with your name and integrate a link to your website. Flickr is very well listed on Google. So you will come up first or nearly first on the research engine.

E – About Youtube

9 out of 10 videos researched on Youtube are music videos. That shows a real public interest for those kinds of videos. Also, 60% of Youtube traffic comes from a Player Embed.

Try to create a channel and upload videos frequently. Not necessarily video clips, but videos like you in a studio recording, touring, rehearsing, etc. Talk to your fans and get someone to shoot a video of you backstage or even at home. Not necessarily you, singing on and on…

1. Use the most relevant key words with the video name. DO NOT FORGET to write “video”. The most important info you will give is lodged into your title because the research engine word used by people includes “video”. The result will come up faster.

2. Coming next is the video description which is as relevant for the research engine as the title. Key words are the key! And of course you will use your website URL or FB fan page right at the beginning.

3. Take advantage of writing directly on the video: notes, subtitles, descriptions and links. At present, you can only click on links that will send you towards another Youtube link. However you are very welcome to try something different. Of course, you have incorporated a link at the beginning of your description…

4. Install a call to action button on your video that shows: “click here to become a fan on our FB page”, and the viewer goes to your site…

5. Tag your video with key words. I mean significant key words.

6. Invite people to join. Activate the option diffuse and share on each video.

7. Do not hesitate to post your videos as an answer to the most popular videos.

8. Watermark your videos (place a tiny translucent logo in the corner of the video). Very easy with the help of a video soft editing. Why? Because it’s your video. It’s your symbol, your brand. So show it!

9. Youtube Insights is the Youtube analysis data, so use it. It will give access to demo info, time spent, number of views, or when your video viewing was left.

Make sure you don’t prevent your videos from being shared. Big mistake if you do! It’s crucial to let your viewers interacting and embedding your videos. Shall I remind you the huge mistake EMI made by blocking OK Go latest video?

Also, Youtube has just launched a new program “We Want You”, aimed at independent artists. The intention is to give them the opportunity to make a living from their music. Here is a good analysis: http://bit.ly/aGO8Tg. To be continued…

F – About Wikipédia

Internet users prefer to log first on Wikipedia rather than MySpace if they want to know about a band (2 to 1 ratio). So, obviously, be on Wikipedia.

> Create your profile

> Incorporate your website link, photos

> Update it on a regular basis

> Also, Wikipedia is very well listed on Google. You will come up on the top 3 if someone was to look for you on internet.

Of course, interlacing your info is a must. You can link your FB and Twitter status = one twit and FB is updated, and vice versa. Make sure all your videos, new photos are regularly updated and that you announce your new album release (with a link on iTunes). Warning: do not interlace everything. Your Youtube audience is different from your website, or Twitter and FB. Try to work as well on singularity/originality. Technique tools might help you to post the same info everywhere, but it doesn’t mean you have to do so. Adapting to your audience is a good idea. Try not to industrialize everywhere.

G – About Spotify

You have to be on Spotify and Deezer in order to maximize your online presence (of course, not for the royalties). Your music will be more visible that way. Zimbalam will help you to be present on those sites.

Also, thanks to the playlists sharing, especially on Spotify, your music will be broadcast a lot faster than any other social network. If you get broadcast via a playlist and your track gets noticed, you might find yourself between the likes of Kings Of Leon or Black Keys… and get sent to a friend… Share as well your own playlists.

3 – Monetize

Let me give you a tiny advice:

It’s great to get an iTunes link on your site, but it’s even better if your visitor can buy directly from your site. First, because of proximity: (s)he wants to buy from you. Second, because it might be a compulsive purchase. Don’t get a “chance” to lose him/her by sending him/her on another platform. Third, not everybody is on iTunes or another platform. Check out: the last UK study shows that almost 60% of 15-24 years old have no clues about legal platforms. What a shame if (s)he pirates somewhere else when (s)he was about to buy it on your site.xt

A – About iTunes

If you use Zimbalam, it will take care of submitting your tracks on legal downloading platform for about $/£30 (I don’t work for Zimbalam either). 6 ways to be noticed on iTunes:

> Creating an Imix (playlist)

> Marking your Imix

> Commenting your Imix

> Bringing it up regularly

> Writing album reviews

> Doing covers

B – About Bandcamp

By far, the best site for an artist (again I don’t work for Bandcamp). To sum it up: BC helps independent artists to sell their music. The cherry on the cake: BC is now available on your artist site. You can use BC page to FB or Twitter thanks to widgets.

1. Layout: make it clean and simple. Your users know where your music is and can download it.

2. Free of charge: for now, 100% of profits are yours (if GCS haven’t changed)

3. Emails: on BC, you can either sell your music or give it for downloading, or leave some tracks for free and some others for purchase.

4. You can even use a PWYW system (Pay What You Want) since BC allows micropayment. Therefore, each time BC sends a free track to a user, you collect its email…

5. Stats: you will know who comes onto your page, who listens to what, at which frequency, for how long and where (on your BC page, FB widget, etc.)

6. Distribution: you will be able to distribute your music differently. It’s also a better alternative to iTunes. Your public is different. You sell what you want, when and where you want, @ your chosen price.

For example:

> You join physical sale and offer “digital” (either the opposite way or together)

> You can go for a special offer treatment (release of an album: CD @ $5, or CD + Dig + T-Shirt @ $10)

> You can use vouchers. I.e.: I bought an Exsonvaldes CD and they gave me a voucher so I could download some tracks from BC. In regard of direct sales on your site (merch, tracks, box sets).

4 – Do become  a geek, be obsessed with your stats

Don’t be afraid to use as many data analysis as possible in order to focus on what will produce the best rates. That way you will be more efficient. You have to analyze every single action, so that you get rid of the less productive ones and improve the others.

Those free data analysis from Google or Soundcloud will show you where people listened to your music thanks to a specific action, where they came from, where they went, if they shared it, bought it and what are their tastes. You should be able to analyze the opening and click rates on your newsletter and email links.

What tools can help: FB Insights: You will know what your fans do on your Fan Page. You will be aware exactly of your impression numbers at specific times. It’s like segmenting per gender, age, country of your fan. To know more: FB Insight.

FB Insight is alright, but in comparison to Google Analytics, it won’t get you far since those Stats are only about fans. So, if you are not afraid to get your hands into the dirt, you will use Google Analytics to analyze your FB stats. Yep, it’s possible. Follow the guide.

FanBridge: Regarded as the best email management tool at present. You’ll be able to appreciate its real efficiency on your email campaigns. Who opens them, who clicks on links, who forwards… Service charged!

ReverbNation: Regarded as the second best email management after FanBridge. It gives you a sort of stats summarize when you log on your account. You will access “All Areas”: how many new fans, daily listenings, widgets uses…

Next Big Sound(free): This free of charge service will track down how millions of fans interact with your music on a daily basis. They will keep a record on the number of plays, views, comments, mentions, etc. on over 400 000 FB, MySpace, Last.fm, Twitter artists… On the top of it, Next Big Sound will send you daily emails to let you know what’s up around you.

Band Metrics: Gives the opportunity to groups / labels / managers to identify its fans, measure their regularity and commitments as well as identifying new markets, tracking down online radio listening and discovering new hypes

Sound Cloud: Online platform. For stocking, saving and sharing your tracks. It also offers widgets as well as gives you access to stats in regard of your tracks. There are many more to try (which I am at present). You will quickly see how you’ll get excited about your stats on your site, charts about your visitors.

5 – Email/newsletter : the holy Grail

You have to retrieve all your fans email addresses from your website and social networks. It’s your only way to build a Database of your fan/future consumers.

> Ask them beforehand if they agree to receive emails and newsletters

> Offer them a free track in exchange of their registration on the newsletter

> Ask them as well to mention their town. You will be able to let them know via email if you play a gig nearby.

> Remember that only if you do have some content to offer, should you send emails and newsletter.

> Don’t be pushy! If someone wants to be withdrawn, do it!

Look at what Jonah Matranga does on his homepage. It is simple and basic. The viewer has a choice to accept or not. Then, via some cookies Jonah Matranga will recognise you.

You can use emails as well for your business deals like offering some merchandising, or a special offer on your albums, or integrating an iTunes link.

But your newsletter content has to lead to the deal offer. Not the other way round. Emails and newsletters shouldn’t be a pretext to offer constantly albums and other merchandising to be purchased without any content in it.

Analyse each emails and newsletter results. Look at what made your viewer click or not, and improve them thanks to these analyses. Try not to overwhelm your viewers with too much info, and relieve your emails and newsletters by inviting them to contests, surveys, quizzes, photos and videos.

A simple figure: 30% of artists’ income using Direct to Fans Topspin platform comes from an email. Http://tinyurl.com/ydjb7cq.


6 – SEO or Search Engine Optimisation

What is SEO? It’s a positioning and rating technique for websites on Google, Yahoo and MSN research engines: a crucial tactic for online marketing.

The real stake relies on the SEO optimisation since it can increase significantly your site visitor numbers. Appearing on Google first page for a strong request (like MP3) ensures you a bulky traffic in volume. As a matter of fact 2/3 of users click on the first page results, and most of them don’t go beyond the third page.

2 searches out of 10 on Google are music related. The rate of transformation on these results is the most important Google results: 40%.

It is of prime importance to build your site according to the SEO guidelines in order to come up fast. I.e.:

> Having some text (blog, content association, reviews) in order to incorporate “meta tags” that will get you listed on research engines.

> Using relevant key words in your reviews

> No Flash.

SEO evolves rapidly. Its techniques are more and more innovating. So, if you are not a pro, don’t hesitate to seek professional advice. A poor SEO might lead you to the wrong effect.

Have a look to this simple article explaining how an artist can use SEO: http://is.gd/a9JbD (Plugola)

7 – Adwords and Pay Per Plick (PPC)

What is an Adword. They are keywords or key expressions related to your activity. When Internet users carry out a search on Google with one of your key words (I.e.: gig, your name, merch or album), your ad or website will come up next to the search results. Your ad reaches a public with an interest in your activity.

You are targeting a specific audience (national, regional or local). You only pay when a user click on your ad and goes to your website. Adwords gives you the choice for the amount you pay, so it sends an Internet user on your site (Cost Per Click).

If you are a beginner, Google.com will quickly help you to create key words and write your ad, and chose your “Cost Per Click).

8 – Viral Marketing

> Do use viral marketing as to promote your contents and website. Its great advantage: it spreads by itself.

> Launch a contest on your site about musicians (who is your support act?)

> Launch a contest about customizing a CD, T. Shirt. Or on iTunes by creating your own Playlists.

> On Youtube, offer Internet users to participate on your video making.

In one word, INTERACT to create a vibe, a buzz, and “diffuse the virus”.

WHAT IS FUNDAMENTAL

We agree it requires a lot of work, but you can’t avoid it. Your promotion and income depend on it. We also agree that it is not your job. You have to be surrounded. A DIY artist doing it all alone is a myth. If you can’t do it all, ask your fans to help, your manager, your record company…

Other artists’ experiences will help you to get inspired. I.e.: Trent Reznor, Amanda Palmer, Weezer, Paramore, Tara Bush, Imogen Heap, Corey Smith, Fanfarlo, Exsonvaldes, Cyril Paulus (…) they will feed your creativity.

Let’s sum it up:

> Collecting your fans emails (with authorisation)

> SEO, SEO, SEO, SEO…

> Data Analyses, data analysis…

> Your website is your house and your base. The most precious thing.

> Connect with Fans + Reason to Buy = monetisation

> Added Value. Why buying when it’s possible to get it for free? Think of value.

I agree there is far much more to talk about.

I’ll come back… quickly to give you more info…

__

Questions: virberg@gmail.com
Meet me on: www.digitalmusic.tumblr.com (in French)
www.twitter.com/virberg

Credit Photo Flickr: twcollins, manuel cristaldi

]]>
http://owni.fr/2010/05/25/well-what-is-a-good-digital-music-strategy/feed/ 0
Noomiz: un myspace français ? http://owni.fr/2010/05/23/noomiz-un-myspace-francais/ http://owni.fr/2010/05/23/noomiz-un-myspace-francais/#comments Sun, 23 May 2010 21:42:23 +0000 Admin http://owni.fr/?p=16342 Calculer et prendre en compte la façon dont se propage une chanson sur les réseaux sociaux est une des clefs incontournables pour vendre de la musique, surtout sur Internet. C’est ce que ce propose Noomiz, qui table sur un nouvel algorithme pour proposer aux artistes une plateforme de blogging efficace et des solutions de marketing digital.

Ouvrir un myspace, c’est bien. Mais sans parler du design hideux de la plateforme, les possibilités et fonctionnalités du site en termes de gestion de communauté et de viralité ne sont finalement issues que de son effet de marché (ie. sa large utilisation). Myspace ayant clairement raté le tournant du web social, les artistes ont tout intérêt à envisager d’autres solutions, incluant des fonctionnalités plus riches en terme de suivi et de gestion.

Présentation  de cette initiative rafraîchissante.

Une solution de blogging

Sans se hisser au niveau de l’excellent Bandcamp, Noomiz propose une interface de blogging plutôt originale et intéressante, où les items (dates de concerts, news) sont organisés sur la page d’accueil par simple “glisser/ déposer” dans la page. Cependant, le tout est codé en flash, ce qui pose question à l’heure de l’avènement des iPhones et autres tablettes.

L’autre force du service c’est de prévoir (pour l’instant du moins) une sélection à l’entrée, ce qui a au moins le mérite de ne diffuser sur la plateforme que des profils et des groupes de bonne qualité et éviter les spams ou les profils non musicaux qui pullulent sur Myspace.

Les membres peuvent également partager ou exporter de widgets personnalisables (comme des players audio ou vidéo) et gratuits.

Des débuts prometteurs

Même si les chiffres officiels sont inconnus, on parle d’un millier de visiteurs uniques par jour alors que le site est encore en beta privée. Cela s’ajoute à l’autre bon millier de profils et de blogs  d’artistes de bonne qualité créés.

Rencontre avec des professionnels

L’autre particularité de Noomiz est que la plateforme sert d’interface entre des professionnels (Valéry Zeitoun, Marc Thonon, Julien Creuzard…) et artistes. Un terrain glissant ?

On se souvient évidemment de l’initiative piteuse d’Universal, My Music Pro. Ce service de coaching par téléphone proposait aux artistes d’y aller de leur poche pour s’entretenir, par téléphone, avec des “experts” du monde de la musique. Ingés-son, directeurs artistique ou managers vendaient leurs services à qui voulait bien dépenser quelques euros par minute d’entretien.

On est ici bien loin de ce modèle clientéliste et faussement 2.0, puisque les rencontres entre professionnels et musiciens hébergés sur le plateforme Noomiz sont décidées par le site, sans logique financière ou marchande. Surtout, l’artiste choisi ne débourse pas un sou. Le service ne refait pas l’erreur des labels participatifs en laissant le travail de sélection musicale entre les mains de professionnels… aidés par un algorithme.

L’algorithme

C’est sans doute l’innovation clé de la plateforme. Il prend en compte quatre facteurs et attribue en conséquence des “points” aux artistes :

> Audience (Volume / Comportement)
> Réseau / Amis
> Partage / Widgets
> Activité scénique

Si on jette une oreille attentive au “top” qui découle de cet algo, on s’aperçoit qu’il marche plutôt bien. Même si tout n’est pas d’une qualité exceptionnelle, on a droit a de belles pépites (Mondrian ,Captain Kid, Cercueil, FuryKane, Kitsch Device, par exemple). Ce qui est intéressant, c’est bel et bien le volet “partage / widget” de l’algorithme, qui permet de prendre en compte un aspect devenu crucial dans le marketing digital: la progression et la propagation de l’artiste sur les réseaux sociaux et sur les widgets “embeddables”.

Des conseils particuliers

Juste pour le plaisir, une vidéo qui a le mérite de prendre le parti d’une communication décalée.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

L’interrogation demeure néanmoins quant au modèle économique de Noomiz, notamment à moyen-terme si les coûts de gestion augmentent avec la popularité du service. Les perspectives sont pourtant là : on peut par exemple envisager une monétisation de l’algorithme si ce dernier fait ses preuves, ou une prise de bénéfice sur les profits générés par un artiste estampillé “Noomiz”.

Sans être pleinement révolutionnaire mais loin des fumisteries faussement digitales des majors et des labels participatifs rouillés, Noomiz est probablement une des solutions – gratuite – les plus crédibles aujourd’hui pour un artiste français qui veut utiliser le web à bon escient.

__
Merci à Valéry pour ses précieuses indications. Il est le manager de Clarys, un groupe qu’il a inscrit sur Noomiz. Son test et son verdict à cette adresse.

Crédit Photo Flickr : ivanzuber.

[Màj 25/05 : les services des professionnels sont facturés à la minute par My Music Pro, et non par heure]

]]>
http://owni.fr/2010/05/23/noomiz-un-myspace-francais/feed/ 8
Chroniqueur pop: fin d’un monde et retour à la niche http://owni.fr/2010/04/13/chroniqueur-pop-fin-dun-monde-et-retour-a-la-niche/ http://owni.fr/2010/04/13/chroniqueur-pop-fin-dun-monde-et-retour-a-la-niche/#comments Tue, 13 Apr 2010 10:42:45 +0000 Emgenius http://owni.fr/?p=12140 Dans ce billet, Emgenius s’interroge sur l’évolution des fanzines et blogs musicaux et sur les liens qu’ils entretiennent avec l’industrie du disque.

Titre original:

La niche musicale : icône communicationnelle, et maillon faible de l’économie culturelle de masse

A la niche, Mauricette!

Avec un titre pareil tu te crois au moins dans une analyse bourdieusienne ou un article de Bernard Guetta. En fait non, ce n’est que moi…  et un simple constat. Cette semaine je me suis plongé dans la lecture des aventures de Gerald de Oliveira, que nombre de musicophiles connaissent plutôt parce qu’il est le bonhomme derrière un des premiers blogs totalement indé, totalement gratuit, totalement dévoué, A Découvrir Absolument, et navigue dans les mêmes eaux que notre bon vieux Benzinemag, depuis des temps quasi immémoriaux.

Au fil des années, ADA a réussi à imposer son style à la chronique mitraillette au gré d’albums reconnus, de groupes en développement et d’artistes non signés. Au point que je me suis souvent demandé : mais comment fait-il pour écouter autant de musique et surtout : « où trouve-t-il le temps de critiquer de plus en plus d’albums sur son site, avec une régularité d’horloge ? » et de développer, en plus, des compilations à télécharger toujours plus pointues, toujours plus indé. Je dois l’avouer. Longtemps j’ai jalousé la rapidité du bonhomme et son pagerank Google ;-)

Récemment Gérald a signifié aux internautes qu’il jettait le gant. Que pour cause de naissance et de projets personnels, il arrêtait la course à la chronique et au toujours plus, pour ne se concentrer plus que sur de sporadiques compilations, regroupant ses coups de cœur du moment.

Cet aveu, qui n’engage que son auteur est cependant symptomatique de deux grands mouvements à l’œuvre dans le monde culturel. Mais on pourrait aisément généraliser au  « en ligne » assez facilement.

Il devient de plus en plus facile de produire, enregistrer et diffuser > Difficile de suivre le rythme

Contrairement à Pascal Nègre, je pense que le téléchargement massif et l’accès gratuit à la musique a permis à une génération aujourd’hui post adolescente, d’avoir accès à un catalogue de tires qui nous a été interdit quant à nous.

Image CC FlickR par Brian Lane Winfield Moore

Les gamins qui ont pris les guitares, les ordinateurs et les sampleurs après 2000 ont en général eu accès à un catalogue, que mes cassettes magnétiques faites avec amour suite aux visites en médiathèque n’auraient jamais pu égaler. Le corollaire, c’est qu’un maximum de groupes fomentés dans les garages de l’Essonne, de Jette ou de Brooklyn ont débuté avec une connaissance des œuvres des aînés incomparable.

Globalement, j’ai tendance à croire que cet accès a donné à la jeunesse « qui joue de la musique » une certaine maturité que nous ne pouvions avoir à notre époque ; et globalement une musique plus efficace dès les premières notes. Donc plus enthousiasmante aussi à écouter.

Par ailleurs, n’en déplaise aux majors qui vantent leur labeur de loueur de studios et d’orchestre, force est de constater aussi, que là où mes camarades de fac pouvaient espérer au maximum produire une cassette sur leur quatre pistes, les gamins élevés au super Poulain et à ProTools sont aujourd’hui capables, depuis leur chambre de produire des « entités musicales », des albums, qui ont peut à envier à certaines des productions réservées jadis aux groupes en développement des maisons de disque.

Mieux encore, suite aux crises à répétition qui ont frappé le secteur, il y a fort à parier que les maisons de disque encouragent désormais un type de production similaire pour leurs artistes maison (combien d’interviews ais-je lui d’artistes qui expliquent s’être retirés dans une chapelle pour écrire leur album ou avoir composé la totalité de l’album dans le garage de Joe).

Le résultat est que nombre des premières démo de ces nouveaux groupes n’ont pas grand-chose à envier aux grands frères signés en maison de disque et arrivent très souvent avec bonheur auprès des webzines comme Benzinemag ou ADA, qui ont du coup bien du mal à refuser des démo super abouties, super léchées, qui ont parfois le petit grain de nouveauté qui nous émeut, ou que nous devons laisser sur le côté pour la seule raison, non technique, qu’il s’agit d’un n ième clone des Strokes ou une centième version de Kid A. Il n’empêche que globlament le niveau des démos est devenu très professionnel.

“Le Directeur Artistique est devenu la foule”

Avec l’avènement du web et les boosters que furent en leur temps les pages « official sites » et myspace des groupes, on a pu se mettre à écouter les démos de ces kids de chambre, émergeant des quatre coins du monde, sans filtre marketing, sans barrière de langue, sans halte, sans arrêt.

Et les démos de bidouilleurs isolés ont réussi à toucher un public parfois énorme avant même d’avoir donné ne fut-ce que l’ombre d’un concert dans la salle de gym du lycée. L’industrie en perte de vitesse s’est sentie spoliée d’un rôle de plus, celui de média, et a tenté de compenser les baisses de ventes d’albums par la production de masse de groupes en développement, tentant de compenser ce qu’ils perdaient en masse de vente sur un album par des coups possibles sur de multiples albums.

Côté fanzine, on a donc continué à voir débouler les démos super abouties de groupes non signés en quête de notoriété, diablement efficaces, et les albums de labels parfois plus petit ou non qui diffusent quantité d’albums en général plutôt plus que corrects, car portés par un buzz de fans, de communautés d’amateurs en ligne.

Le DA est devenu la foule, et la foule faite de plein de foules, réparties dans le monde, aux distances et au temps aboli par le web. Pour les webzines, comme d’ailleurs pour les installés de type Inrocks, Rolling Stones, Magic et consorts c’est devenu un peu comme une course à l’écoute. Pour rester généraliste, indé mais pertinent, il faut multiplier ses oreilles ou diminuer son temps de sommeil. Ce qui n’est viable ni si on a des impératifs financiers, ni si on entretient une vie professionnelle en parallèle.

Le désarroi des gloseurs de sorties

C’est à cette époque (il y a trois quatre ans) qu’on a vu les magazines recourir à de plus en plus de stagiaires pour les chroniques papier / web (diluant parfois l’essence des magazines au gré de plumes pas encore suffisamment mûres), user d’artifices comme les dossiers thématiques ou les hors série pour garder un lectorat captif ou un rôle de « carte IGN » dans un univers en perpétuelle ébullition qu’ils sont par ailleurs obligés de suivre sous peine de ringardisation.

C’est à cette époque aussi que sont nés plein de webzines très ciblés : untel sur la musique indus uniquement, untel sur le rap français en particulier, tel autre sur les musiciens belges… comprenant que puisqu’il devenait impossible de couvrir un scope complet, il valait mieux se spécialiser et engranger les pages vues auprès d’une ligne de fan, comme il existait jadis des lignes de produit. C’est depuis cette époque aussi qu’avec Benoît chez Benzine on cherche à dynamiser notre petite équipe, pour augmenter à la fois le confort de lecture, la rapidité de communication sur des bons groupes en phase ascendante, et une petite équipe dont le bénévolat rebute parfois dans la régularité des contributions.  C’est depuis cette époque aussi, que je me fais souvent rappeler à l’ordre par les labels qui nous contactent, parce que forcément, je suis toujours en retard d’une écoute, d’un bon coup, d’un newcomer.

Cette pléthore de sorties est difficile à gérer et ADA vient d’illustrer le désarroi de plein de fanzines, même si on se le cache souvent derrière le plaisir d’écouter des titres généralement bons. Cette offre pléthorique est ressentie aussi par le grand public, qui (et je suis sûr que c’est aussi un facteur de la baisse des ventes d’albums) n’a plus les moyens ou l’envie de céder au « fétichisme » autour d’un groupe déjà dépassé, ou dont le second album s’avère une bouse sans nom.

Ecouter et apprécier oui, aduler non. J’ai souvent mis sur le compte du « c’était mieux avant » de vieux con, mon impression diffuse de ne plus m’être enthousiasmé depuis longtemps pour un groupe pop et rock (pourtant mes préférés) comme j’ai pu le faire à l’époque pour les Cure, les Stone Roses, Pavement, Blur, Pulp ou même les Strokes et Bloc Party. Je me demande maintenant dans quelle mesure la « remplaçabilité » d’un groupe par un autre un peu meilleur, un peu différent, n’est pas en train de transformer le rapport à la musique et rendre caduque la notion même d’adhésion de masse pour un groupe populaire en une multiplicité d’adhésion de foule à des groupes de niche.

Un bon groupe de niche

Maintenir le cap de critiques généralistes, mais indé, pour le monsieur tout le monde Pop dans son ensemble (comme les Inrocks ou Magic et R&f dans leur créneau) est à la fois de plus en plus dur à continuer avec pertinence dans une volonté de couvrir TOUT le spectre des albums ou groupes potentiels, mais me semble aussi devenir de moins en moins en phase avec les attentes des lecteurs eux-mêmes

Je me trompe peut-être mais je veux y voir des signes à la fois dans la « démission » de Gérald from ADA, le côté de plus en plus fade rencontré dans ma lecture des Inrocks ou la sensation d’être roulé par les couvertures « groupe du mois » de mon favori Magic. Une hype remplace l’autre et un bon groupe remplace un autre bon groupe sans jamais rencontrer, ou si peu, le fétichisme quasi autiste des concerts de Cure qu’on préparait au khôl ou de Nirvana et Pavement à la chemise de bûcheron.

Un côté grand messe perdue, que je ne vois pas loin de là comme une des conséquences du rôle de filtre perdu par les maisons de disque (je n’ai pas le respect suffisant pour les majors qui me feraient accroire qu’ils triaient le bon grain de l’ivraie et c’est pour ça qu’on adulait en masse), mais comme une conséquence de l’accès à de multiples stimuli, de multiples enregistrements, diluant d’autant nos amours musicaux.

Un côté grand messe qu’on ne trouve plus qu’au sein de niches. Les ados avec les miraculés Indochine ou Tokio Hotel en sont les caricatures, les métalleux avec plein de groupes que je ne parviens plus à écouter au décorum et aux codes super précis… Autant de niches créant leurs icônes, leur habitus (dirait Bourdieu), leurs sociolectes et leurs messies de caste. Autant de niches qui rendent compliqué l’adhésion nécessaire à la vente de magazines tels les Inrocks ou Magic, les forcent à parfois se créer des stars du jour qui favorisent l’envie de lecture.

Des niches qui se créent sur des thématiques musicales, ou sur des personnalités de blogueurs, découvreur. Depuis une paire d’année, je constate que les blogs qui tournent autour d’une identité (et nombre de compères chez benzinemag en font partie), d’un chroniqueur se développent et gagnent un lectorat sans cesse croissant.

Un album mis en avant par Withoutmyhat ou le choix.fr encensé par eux, aura plus de chance de faire un joli carton au sein de sa communauté de lecteurs qui échangent avec ces blogueurs en nom propre, que des critiques régulières d’un maximum d’albums tel que benzine, popnews, ada, et les historiques peuvent le faire. On est passé de l’information globale au besoin de tri. Un tri qui se fait par le style de musique ou via la comparaison avec celui qui sert d’entremetteur.

Un rôle que peuvent se donner certains blogueurs, mais qui sied mal au fonctionnement de certains blogs, et qui peut faire enrager les labels condamnés à poster des des CD à la pelle, avec de moins en moins de garantie de sortir chroniqué (ce qui explique aussi pourquoi ils sont en train massivement de passer à l’envoi de MP3).

Des niches qui imposent aussi certains webzines à marcher ou crever (sous peine de disparaître en pagerank 6), à ne pas oublier les artistes avec notoriété dans chacune des niches (pour crédibiliser le site) et provoquent des démissions somme toutes logiques quand l’activité de veille / découverte se greffe sur des professions, des vies de famille etc. qui requièrent la plus grande partie de nos attentions.

Si le désarroi existe pour les webzines on ose à peine imaginer le bordel dans les labels

CC par Tsuki-chama sur FlickR

Or donc voilà que la niche domine les comportements d’achat éventuel. On le constate en bout de chaîne, quand il s’agit de parler des sorties. On se représente aussi du coup la difficulté pour tout le petit écosystème de la promotion au sein des labels et autre PR qui gravitent dans l’univers.

Il y a de plus en plus d’artistes à promouvoir, dans de plus en plus de niches. Et il n’y a pas encore de facto, d’unité de mesure ni de l’influence, ni du potentiel d’une niche.

J’imagine le RP au moment de sélectionner les 100 chroniqueurs potentiels à qui envoyer une version jolie d’un disque à promouvoir vs la version MP3 du même album ? Comment choisir ? Celui qui fait le plus de lectorat. Comment sélectionner un référent à choyer  pour un type d’artiste à promouvoir. Un magazine qui cartonne au tirage ou un blogueur influent auprès des émo-rockeurs d’ile de France, férus de ska et de punk écolo en provenance de Denver.

Où accorder l’interview ? Qui envoyer en concert ? Où se cachent les leviers qui remplissent les salles et /ou achètent du merchandising et du CD ?

Un casse-tête. Il existe peu, me semble-t-il d’analyse marketing concernant le positionnement de produit dans une niche définie et le retour qu’on peut espérer de micro écosystèmes, comparativement à de larges foules.

Seule reste le doute, la fuite en avant, et les démissions. Le changement de cap de ADA est assurément un témoignage d’un monde qui vient de se terminer.

On attend que se définissent les règles précises du monde à venir.

> Article initialement publié sur le blog d’Emgenius

]]>
http://owni.fr/2010/04/13/chroniqueur-pop-fin-dun-monde-et-retour-a-la-niche/feed/ 3